Test de l’Olympus 12mm f/2 : reportages et portraits

Voici un petit test de terrain pour l’Olympus M. Zuiko 12mm f/2. En 2022 ? Eh oui, pourquoi pas ?

Je ne suis pas testeur professionnel : pas de diagrammes de netteté (piqué) et de vignetage. Je vous laisse consulter Dxo Mark et consorts pour ça. 😉

De tout de façon, même si, dans le passé, je lisais ce genre de tests pour le fun, je ne suis plus vraiment intéressé par leurs résultats. Ce que je voulais en achetant ce petit objectif d’occasion c’est un grand angle compact et lumineux.

Ce que je veux tester ici c’est plutôt l’utilité de cette focale. Car si vous avez déjà un objectif de kit genre 12-35 ou 12-45, pourquoi investir dans cette focale fixe ?

Eh bien, comme je n’ai pas d’objectif de kit, je ne peux pas vraiment comparer, mais, moi qui voulais du compact, j’aurais pu me contenter du 12-35mm, non ?

L’avantage du 12mm, en plus de sa belle construction tout en métal, c’est bien évidemment sa grande ouverture.

Mais que donne donc cet objectif grand ouvert ? C’est vrai : on trouve pas mal de tests en photo de paysage où il est généralement utilisé entre f5.6 et f/11. J’ai trouvé quelques photos de rue mais peu de photos d’enfants et de portrait.

portrait au 12mm f/2
Mon premier portrait à grande ouverture (f/2,8) réalisé avec l’Olympus M. Zuiko 12mm f/2 : il y a quand-même moyen de séparer légèrement le sujet du fond… surtout qu’ici, les pavés sont très proches du sujet.

Pour moi, cet objectif 12mm (équivalent 24mm en plein format) est vraiment parfait pour « être dans l’action » et raconter une histoire. Avec l’équivalent 35mm, c’est donc l’objectif de reportage idéal.

Je trouve que la proximité qu’on est presque forcés d’avoir avec les sujets photographiés est telle que ça rapproche psychologiquement le spectateur de la photo. Pour moi, ça renforce l’empathie qu’on pourrait avoir pour le sujet.

Alors, il faut évidemment oublier les proportions parfaites du visage lorsqu’un portait est pris de près mais c’est bien ça qui est marrant ! La distorsion due à la proximité avec le sujet est bien présente. Bien utilisée, ça peut être un bon outil de « storytelling ».

Notez qu’il faudra vraiment vous rapprocher très fort de votre sujet pour obtenir « beaucoup » de bokeh. C’est clair que si vous voulez une très faible profondeur de champ en grand angle, le full frame vous servira peut-être un peu mieux. Mais à quoi bon vouloir du flou partout si votre objectif (haha !) est de donner du contexte pour raconteur une meilleure histoire photographique ?

Ici à f/2,2, notez la résistance au flare de cet objectif : N’oubliez pas que je n’ai pas le pare soleil et je suis dans une situation vraiment extrême de contre-jour.

Ce que j’aime avec ce 12mm :

  • Petit et léger ! Parfait pour rester discret (notamment pour la photo de rue ou autres situations de reportage)
  • Peu de distorsion
  • Un bon piqué
  • La qualité des couleurs et du contraste est clairement au rendez-vous.
  • La grande ouverture et la faible profondeur de champ que cela permet (même si ça reste relatif, c’est un grand angle, hein ;-))
  • L’autofocus qui est rapide et précis
  • La construction tout en métal robuste (et franchement classe par rapport au plastique)
  • Très bonne résistance au flare (malgré le fait que je n’ai pas de pare soleil)
  • La focale que je ne connaissais pas vraiment (mais là c’est personnel, hein)J’étais habitué au 28 et au 17mm sur full frame mais pas encore au 24mm
  • Le fait de devoir être dans l’action plutôt qu’en mode « sniper » donne une dimension « vivante » assez particulière aux photos. (Je suis conscient que ça n’a rien à voir avec l’objectif en tant que tel mais bien avec la focale)

Ce qui fâche un peu :

  • Le pare soleil n’est pas livré avec l’objectif
    • la version Olympus qui coûte 50€
    • Oui, oui vous avez bien lu ! Je ne me suis pas trompé.
    • Alors d’accord, il est en métal et il a la classe et tout… mais bon quand-même.
  • Je pense que comparé aux bons objectifs de kit récents, il n’est pas vraiment beaucoup plus performant aux ouvertures plus grandes. (À vérifier dans la pratique, quand-même)
  • Le prix neuf reste vraiment très cher et pour ceux qui veulent les meilleures performances, il vaut peut être mieux tester le Panasonic 12mm f/1.4 (mais il est plus gros et plus lourd)
  • À part ça, pas grand chose, franchement

Attention : Prenez mes avis « techniques » avec des pincettes : C’est clair que je ne suis pas vraiment qualifié pour comparer la résistance au flare, le piqué, le rendu chromatique etc. des objectifs de manière scientifique. Il s’agit ici plutôt d’un ressenti de qualité. D’autres personnes qui ont eu 5 versions différentes de la même focale équivalente, avec des marques et des tailles de capteur différentes pourront évidemment être moins subjectifs que moi. 😉 Pour ça il y a les magasines photo comme Chasseur d’image et des sites web réputés comme DxO Mark déjà cités ci dessus qui sont vraiment spécialisés. Ils ont le matériel et les compétences spécifiques pour tester ce genre de choses de manière rigoureuse et scientifique.

Je le répète donc ici, la qualité d’image à proprement parler ne m’intéresse pas trop. Ce que voulais surtout apporter, ce sont des photos d’exemple orientées portrait et « reportage » à grande ouverture.

En conclusion, si, comme moi, vous le trouvez d’occasion pour 250€ ou un peu plus cher, foncez ! Cet objectif est petit, costaud, beau et bien construit, léger et lumineux. Et il offre de bonnes performances.

Au vu de son prix, je ne suis pas sûr que je l’aurais acheté neuf par contre. Prenez d’ailleurs garde où vous l’achetez si vous voulez l’acheter neuf. Je l’ai vu à des prix allant de plus de 700€ à 499€ (et pas sur des sites de marché gris). Je vous encourage à faire quelques recherches avant de passer à la caisse. Ça vaut la peine !

Cet objectif fait dorénavant de mon petit trio focales de base : les Olympus 12mm f/2 et 45mm f/1,8 + le Panasonic 20mm f/1,7.

Je me réjouis de pouvoir me balader partout avec ces 3 objectifs et un mini boîtier comme le GM1. C’est vraiment génial !

Voici donc quelques exemples :